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Georges Naudy
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J'approche à grands pas du demi-siècle et j'ai toujours cette même envie d'écrire qui ne m'a pas lâché depuis que j'ai l'âge de tenir un crayon.
J'ai toujours ce même besoin de tracer des mots, de jouer avec eux, de les contourner, de les habiller, de les nourrir. Ils font partie de moi et sont aujourd'hui mes véritables compagnons de route.
J'ai commencé par écrire des textes, puis des chansons, ensuite des nouvelles et enfin, je me suis dirigé vers le théâtre où j'ai pu donner libre cours à ma fantaisie et me laisser aller au jeu parfois subtil ou cruel des dialogues. |
COMMENT NAÎT UNE PIÈCE DE THEÂTRE ?
Je n'ai pas de recettes, et une seule faiblesse , celle d'aimer mes personnages. Il arrive même que ceux-ci m'échappent complètement et entament une vie qui leur est propre. On ne peut pas trop leur en vouloir, ils ont parfois un jugement meilleur que le mien et surtout, ils sont beaucoup plus drôles... Tant mieux parce que j'ai choisi d'écrire des comédies et pour cela il faut de l'humour. L'humour c'est la victoire de celui qui fait semblant d'avoir perdu. C'est aussi ce qui reste quand on a épuisé tout ce que l'on croyait irrésistible.
En ce qui me concerne, j'ai bien peur que mon humour ne serve à cacher une culture tirée tout droit de quelques séries télé à la mode, ou encore de livres et de bandes dessinées de mon enfance.
Pour paraphraser Charles Aznavour, je dirais comme lui que je ne suis pas guéri de mes années d'enfance. J'ai quelques souvenirs. Notamment celui de ce professeur de français dont j'ai oublié le nom et qui aimait à nous répéter. " Si vous n'avez pas d'idées pour écrire, écrivez, vous aurez des idées". Je reconnais qu'il avait raison mais comme la plupart des choses qui m'ont été enseignées, cela ne me concernait pas vraiment. J'ai toujours eu pas mal d'idées, parfois bonnes, parfois moins bonnes. Cela m'a pris du temps mais à la longue, je crois que j'ai appris à tout désapprendre, pour donner plus de place à mon intuition et laisser enfin mon imagination crépiter comme une vieille machine à écrire.
Gabin disait : pour faire un film, il faut trois choses : en 1, une bonne histoire, en 2, une bonne histoire, en 3, une bonne histoire. Je dirais que pour faire une pièce de théâtre, c'est presque pareil, il faut en 1, de bons personnages, en 2 de bons dialogues, en 3 de bons personnages avec de bons dialogues.
Si ça ne suffit pas, vous prenez une pièce et vous la jetez en l'air. Si elle retombe du côté du public c'est gagné...
Alors installez-vous bien confortablement et laissez-vous guider par les délires, les humeurs de mes personnages, prenez un peu la vie côté irrationnel et ne calculez plus. Vous êtes là tout prêt du bonheur.
Attention danger! Quand vous aurez fini la lecture de mes pièces, vous aurez peut-être envie de recommencer.
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